Depuis que Cédric est rentré à la maison en HAD, nos émotions fluctuent au rythme de son état de santé.

Lundi et mardi, le moral est au plus bas et Cédric veut cesser son combat. Il ne souhaite plus aucune visite. Très grosse déprime ! Il ne quitte pas son lit pendant deux jours. Je prends de nouveau le temps de me poser à ses côtés et nous discutons. Je comprends alors qu'il ne veut plus voir personne pour que personne ne le voit alité, très mal dans sa maladie. De plus, il ne veut pas faire de la peine aux autres. Je lui rappelle qu'il est toujours mineur et que, de fait, il doit encore m'écouter. Je lui "interdis" alors de se soucier des autres ; il a bien assez à gérer avec sa santé. Il m'explique ensuite que, si les gens se mettent à pleurer en sa présence, il risque également de pleurer et redoute de manquer d'oxygène. Cédric étant déjà angoissé de nature, je lui promets que, si nécessaire, on limitera le nombre de visites ainsi que leur durée, qu'on augmentera le débit d'oxygène, et qu'il pourra prévoir un bolus d'Hypnovel. Je termine en lui disant que, si les gens pleurent, il faut voir cette réaction comme un signe de leur amour pour lui.

Mercredi, Cédric renaît à la vie. Après une bonne nuit de sommeil, il demande à retourner sur le canapé. Il prend plaisir à regarder la télé, mais son manque d'appétit se fait toujours cruellement sentir. Il n'a rien avalé depuis dimanche soir, hormis quelques gorgées d'eau. La journée se déroule sans encombre en compagnie de Louise et David, d'Angélique et Antoine, et de Babeth et Hervé.

Jeudi, tout se détraque de nouveau. A 3h30, la nuit est belle et bien finie. Jusqu'à 8h30, Cédric est très perturbé par des vomissements incessants, toutes les heures. Cédric n'ayant aucun courage pour monter à l'hôpital de jour de l'Ihop, nous avons la visite de Matthias. Pour que Cédric ne revive pas des journées aussi difficiles que celles de lundi et mardi, il lui explique comment gérer ses angoisses et ses coups de déprime. Il en profite pour réajuster le traitement. Il supprime définitivement le Biprofénid, d'autant qu'à la vue du sang présent dans les vomissements, il conclut à un ulcère à l'estomac. Cet ulcère le torturera jusqu'à samedi midi.

Samedi soir, Jimmy, notre ostéo, n'hésite pas à faire le déplacement pour rendre visite à Cédric. Il en profite pour le manipuler tout en douceur : il débloquera le nerf de la digestion au niveau du cou, nerf qui engendre des nausées et qui, de par son rayonnement dans toute l'épaule, était très certainement la source des douleurs de ces derniers jours ; il débloque également une côte dorsale dont souffre Cédric ; il le soulage esuite d'un blocage en haut de la fesse droite.

Ce matin, au réveil, Cédric sent quelques raideurs au niveau du cou mais cela ne dure pas. Il n'émergera vraiment qu'après le départ de Joris et Coralie, en fin de matinée. De toute la journée, Cédric ne se plaint plus de maux de ventre. Le 28 avril, il pesait 65 kg. Aujourd'hui, c'est un petit 59,8 kg qui s'affiche sur la balance. Rien d'étonnant après cette diète prolongée ! Il retrouve l'appétit perdu depuis une semaine. En toutes petites portions, tout le long de la journée, il arrive à manger une cuillère à café de yaourt, deux cuillères à café de lentilles corail, une glace à l'eau, une cuillère à café de compote et un demi-mug de lait tiède. C'est un vrai plaisir de l'entendre réclamer à manger, même s'il me fait courir à longueur de temps !

Eh ! Bonne nouvelle également ! De nouveau, Cédric est tout à fait disposé à recevoir vos visites. D'ailleurs, tous les matins, il me demande qui vient le voir !