Cédric,

Petit Garçon, tu gambadais, le coeur léger et rieur, sur le beau chemin de ta vie. Insouciant, tu profitais de tout, de rien, tu chantonnais souvent et le soleil brillait. Mais il y a quatre ans, souviens-toi ! Le ciel s'est obscurci d'un coup, et sans qu'on le voit venir, l'orage a éclaboussé ton chemin. On a marché longtemps dans la boue en te tenant la main pour ne pas que tu tombes. Tu as glissé plus d'une fois et, armé de tout ton courage, plus d'une fois, tu t'es relevé. Tu ne voulais pas que l'orage ait le dessus et tu voulais nous prouver à tous que tu retrouverais ton chemin.

La route était longue, parsemée d'embûches, mais on avançait le coeur vaillant, le sourire aux lèvres. On t'aidait à porter ta valise pour ne pas que tu trébuches. Tout le long du chemin, il y avait du monde, beaucoup de monde. Tu en as croisé certains, tu en as rencontré d'autres. Et ces rencontres ont été si belles qu'elles ont allégé ton bagage.

On s'est arrêté plusieurs fois et, tout comme moi, tu t'es peu à peu rendu compte qu'on s'était perdu. La pluie est devenue si forte qu'elle t'a entrainé sur un chemin qui n'était plus le tien. Alors on s'est de nouveau arrêté. Impossible de faire demi tour ! On a beaucoup discuté tous les deux, on avait plein de belles choses à se dire. Je t'ai aidé à ranger ta vie, à penser à tous ces petits détails qu'il ne fallait pas oublier pour que tu puisses avancer encore, avancer jusqu'à cette gare, au bout de ton chemin.

Tous les jours, je te voyais te rapprocher un peu plus de la gare. Bien souvent, tu regrettais que le train n'arrive pas plus vite. On était là, sur le quai, à attendre. J'ai porté ta valise qui devenait lourde, trop lourde pour toi. Puis, pour ne pas le louper, tu t'es mis à courir pour attraper ton train.

Je voulais tenir ta main jusqu'au bout du chemin. Je t'entends me dire : "C'est bon, maman ! Je suis assez grand, j'ai pas peur, laisse-moi partir tout seul maintenant !". Et tu es parti, serein. La pluie s'est enfin arrêtée et le soleil est venu te chercher pour éclairer de sa douce lumière le wagon dans lequel tu es monté.

Je suis triste de ton départ mais on l'a tous les deux tellement bien préparé que je ne dois rien regretter.

Cédric, on t'aime et on ne t'oubliera jamais. Repose en paix !